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C'est dans la région de Montpellier que j'ai découvert la couleur sur tissu en animant des ateliers à la MJC de Villeneuve les Maguelones. En parallèle, j'allais peindre dans les rues de Palavas les flots, sur la place du marché. Je croquais aussi le nu en atelier et découvrais la peinture sur chevalet sur le motif, au bord des étangs de la région (1977- 1982). Dans ces moments là, je fréquentais l'atelier de Claude Reynier, peintre poète, qui m'a révélé ma sensibilité d'artiste, de créatrice. 

Pour continuer ma recherche de plasticienne, j'ai ensuite suivi l'enseignement de Marc Aurelle, professeur des Beaux-Arts d'Avignon, maintenant peintre de renommée internationale. Ses cours m'ont permis d'exploiter toutes les différentes techniques figuratives  jusqu'à arriver tout naturellement vers l'abstraction (1982 -1984). Enfin, j'ai complété mes connaissances par des cours d'Histoire de l'Art à la Faculté de Lettres de Montpellier (1988-1991).

A partir de 1986, j'ai commencé à présenter mes oeuvres en expositions de groupe, puis personnelles en galeries, en France (Espace Hérault Paris, Galerie Rome Grenoble, Galerie Nicole Gogat Lattes....) et à l'étranger (Galerie Auction Art Monaco, Galerie Montcalm Québec Canada, Galerie des peintres de la Mediterranée New York Usa, Galerie des Arts Milan....). Peintre abstrait pendant quelques années, je suis revenue vers une peinture semi-figurative,  "gestuelle".

















Nadine LA TOUR, critique d'art
Une exposition à l'Espace Hérault , en 1991,  révèle GEN au grand public. L'artiste s'engage alors plus totalement dans la peinture qui se décline par séries, chacune d'elles comportant un nombre impressionant de toiles. A l'intérieur de chaque cycle les toiles vont par familles traitées alors simultanément. Chaque thème est ainsi épuisé en profondeur, selon des angles multiples, sur un mode de répétition et de déstructuration par la ligne et  la couleur. Dans les premières toiles, l'espace est baigné de fluides et de transparences nacrées. Le trait fin et nerveux joue avec l'esquisse du corps. L'ensemble, décoratif est encore proche du bonheur d'encrer d'immenses métrages de tissus que GEN a pratiqué à ses débuts. L'huile révèle peu à peu ses capacités de silence et de mystère dans les touches croisées de plus en plus fermes. L'espace s'approfondit, tandis que le corps, modelé d'ocre et de brun, relevé de vigoureux accents de blanc pur, se densifie, opaque, secret. Le cadre se resserre autour du modèle, sujet de l'instantané, du ponctuel, nécessaire ancrage dans le réel de ce qui devient peu à peu, pour GEN, le lieu de pensée du monde et de soi, avec ce sentiment radical, proche  des impressionnistes abstraits que Motherwell résume ainsi dès 1950. "Peindre sans préjugés... est un processus imaginé comme une aventure. La fidélité à ce qu'il advient, même de la façon la plus fortuite, entre la toile et soi-même en est la clé de voûte... Au cours de ce processus, les décisions majeures sont prises sur le terrain de la confiance non sur celui du goût".

De "l'Androgyne" aux "Femmes d'Alger", du "Trou noir" au "Jardin de Renoir" la qualité événementielle de la peinture de GEN est essentielle. Là est le noeud gordien, affronté avec toute la liberté possible, que le peintre cherche et préserve. La série des "Nus assis" de 1989 est à cet égard remarquable. Le premier cycle explore les rapports de tension entre l'immobilité du corps tendu sur une surface sans profondeur possible et la violence en dynamique de la couleur. Les courbes pleines du corps, parcourues d'ondes brûlantes, ocres, rouges, bleues, en un étrange baptême de feu, se consument.

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